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Un homme de Paix

Une Ivoirienne portant une robe à l'effigie du Président Houphouët-Boigny (1965)

Président Félix HOUPHOUËT-BOIGNY

Du 7 Août 1960, Indépendance de la Côte d'Ivoire, au 7 décembre 1993.

On lui doit notamment les phrases suivantes :

"La Paix, ce n'est pas un mot, c'est un comportement"

"Un homme qui a faim n'est pas un homme libre"

Touts les dictons sur la Paix

La Côte d'Ivoire est longtemps apparue comme un des Etats les plus stables d'Afrique de l'Ouest. Comment expliquer ces trente années de stabilité politique et sociale sous la présidence de Félix Houphouët-Boigny ?
 
Il faut se souvenir que Félix Houphouët-Boigny montra une extraordinaire capacité à occulter le passé, celui d'une décolonisation dont il profita pour forger son pouvoir personnel en brisant tout ce qui pouvait le contester, celui des premières années de l'indépendance pendant lesquelles, recourant à la tactique des faux-complots, il fit emprisonner et torturer ceux qu'il pouvait suspecter de non-soumission absolue, fonctionnaires, membres de son entourage, notables, parents des accusés, et réprima dans le sang deux révoltes régionales. Sur cette amnésie efficacement contrôlée, il construisit un culte de la personnalité où, héros de la lutte contre le colonisateur, il revêtait les attributs de la "sagesse africaine", de la tolérance, de l'art du dialogue venant à bout de tous les conflits. Une partie de ses victimes politiques furent réhabilitées, exercèrent des fonctions prestigieuses et gardèrent le silence. Ainsi, la stabilité fut-elle acquise au prix d'une "pacification" violente de la Côte d'Ivoire, tandis que le mot-d'ordre "enrichissez-vous" ralliait les cadres politiques du régime.

Ensuite, les crises furent contenues, par la force, par l'argent, par l'habileté politique d'Houphouët Boigny, et aussi grâce à une situation économique favorable jusqu'à la fin des années 70.

La deuxième moitié de la décennie 80 fut beaucoup plus agitée en raison de la dégradation de la situation économique, de la contestation sociale, notamment celle des élèves et des étudiants, l'organisation d'une opposition clandestine

Félix Houphouet-Boigny (1905-1993)

Premier président de Côte d'Ivoire (1960-1993)

Né à Yamoussoukro d'une famille de chefs baoulés, il fut médecin avant de diriger une plantation prospère.

En 1944, Houphouët-Boigny fonda le Syndicat agricole africain, à l'origine du Parti démocratique de la Côte d'Ivoire (PDCI) qui adhéra ensuite au Rassemblement démocratique africain (RDA). Membre des deux Assemblées constituantes françaises en 1945 et 1946, député de Côte d'Ivoire au Parlement français de 1946 à 1959, d'abord apparenté au groupe communiste puis à l'Union démocratique et socialiste de la

Résistance (UDSR), il occupa plusieurs postes ministériels durant la IVe République.
En 1958, lorsque le pays acquit son autonomie au sein de la Communauté française, Houphouët-Boigny accéda à la présidence de l'Assemblée constituante de Côte d'Ivoire, pour devenir Premier ministre un an plus tard.

Proche allié de Charles de Gaulle, Houphouët-Boigny rompit pourtant les liens unissant la Côte d'Ivoire à la France en août 1960 et proclama l'indépendance ivoirienne.

Les deux États, cependant, conservèrent des relations étroites, notamment à travers la présence, en Côte d'Ivoire, d'une importante communauté française.
Chef charismatique du PDCI-RDA, Houphoüet-Boigny devint logiquement le premier président de la nouvelle République, lançant son pays sur la voie du libéralisme économique et du miracle ivoirien mais imposant, trente ans durant, un pouvoir présidentiel fort, qu'il jugeait nécessaire pour maintenir l'unité nationale dans un État comptant 60 ethnies différentes. Partisan du dialogue entre États africains, il refusa, à l'intérieur, de laisser une place à l'opposition et de mettre fin au régime de parti unique.

En 1979, l'accueil offert à l'ex-empereur centrafricain Bokassa, éloigna du président ivoirien une grande partie de la jeunesse.
La construction, en 1990, d'une cathédrale grandiose à Yamoussoukro, ville natale du président devenue capitale sept ans plus tôt, accrut l'opposition à un pouvoir déjà affaibli par les accusations de corruption et par la crise économique. Des manifestations contraignirent alors Houphouët-Boigny à accepter le multipartisme. La même année, il fut cependant réélu à la présidence de la République pour la septième fois consécutive, à l'issue d'un scrutin pluraliste l'opposant à Laurent Gbagbo.

En mars 1993, Houphouët-Boigny dut affronter une mutinerie de sa garde présidentielle. Son décès, le 7 décembre 1993, jour anniversaire de l'indépendance, ouvrit une période de turbulences, avec notamment une scission au sein du PDCI-RDA et la répression d'un mouvement de protestation étudiant en mai 1994. Le mandat de Félix Houphouët-Boigny fut achevé par le président de l'Assemblée nationale, Henri Konan Bédié, issu également d'une grande famille baoulée. Konan Bédié fut ensuite élu président de la République en novembre 1995.

Dans le pays profond: des quartiers populaires de Treichville au fin fond de la forêt ivoirienne, il a un nom et plusieurs surnoms. Chacun de ses faits et gestes était une occasion pour le peuple de le baptiser d'un nouveau surnom.

"Le Vieux", "le sage de Yamoussoukro", "l'homme de la paix et du dialogue", "Félix le pieux", "Houphouët le généreux, le clément", "l'homme par qui le miracle arrive" , "le bélier de Yamoussoukro". Pour ses adversaires, il était bien "le réactionnaire", "le valet de l'impérialisme", "le chantre de la balkanisation de l'Afrique"...
Que d'épithètes et de surnoms pour désigner un même personnage!

Ce regard fourchu entre deux extrêmes ne doit pas surprendre. Il relève de la nature même de ces géants de notre histoire qui nous fascinent autant par leur personnalité que par leur pouvoir. Ces hommes-chefs, hors du commun, " ceux que le dieu des forts a touché de son aile". Il est de ces hommes déterminants aux responsabilités immenses, surgis de loin aux carrefours de l'histoire, pour dicter le destin de leur peuple. Il est vain de chercher à les cerner tant ils sont complexes dans leur caractère.
Si l'histoire, qui aura toujours son mot à dire, lui demandait "Qui êtes-vous Boigny Kouadio Atoumanou Frèfrègoua" ? Cet homme qui savait écouter, répondrait: " Je suis ce que j'ai fait de mon pays, pour mon peuple et pour les hommes de bonne foi ".

Ni ange ni démon, ni bon ni méchant, il est tout simplement hors du commun, un homme admirable. Ces grands caractères campés par André Maurois dans ses Dialogues sur le Commandement : " Ce merveilleux mélange de hardiesse et de modestie, un miraculeux état d'équilibre entre des qualités opposées. Il y faut la volonté; il y faut la modération. Sans doute, il paraît difficile qu'un tel mélange soit possible, mais en fait il existe chez le grand soldat. C'est parce qu'on trouve ce mélange chez lui qu'il devient un grand soldat, et c'est parce que ce mélange est rare que les grands hommes sont peu communs. " Quand vous parlez de moi, dit Lyautey, ne dites jamais " ou " dites " et ". Ne dites pas " Est-il fort ou est-il faible ? ". Dites " Il est fort et il est faible. "

Tous ceux qui ont approché Félix Houphouët-Boigny s'accordent à dire que sa proximité était une véritable source de pensée et d'action.

Houphouët l'Ivoirien, l'Africain, l'entrepreneur, le parlementaire, le ministre du général De Gaulle, le syndicaliste, le chef de parti, le chef d'Etat, le chef coutumier. Ils sont tous présents devant nous et dans nos mémoires. Lequel de ces personnages domine les autres ? Lequel privilégier ? Privilégions ici i'Homme d'Etat, celui précisément sur lequel l'Histoire aura son mot à dire.
Félix Houphouët-Boigny est un de ces personnages de l'Histoire qui ont forgé le destin de leur pays. A l'instant décisif de l'histoire de la Côte d'Ivoire, il a été en toute conscience de son rôle et de ses objectifs, l'homme décisif.

Félix Houphouët-Boigny était bien trop grand pour ne pas être profondément humain ". Homme d'une grande netteté d'esprit. Malgré sa générosité spontanée et son penchant pour la clémence, nul moins que lui n'était dupe des hommes et des mots. " Le petit homme à la tête d'un petit Etat ", c'est ainsi qu'il aimait se qualifier.

" Le style, c'est l'homme même ", nous apprend-on à l'école. Le style d'Houphouët-Boigny, c'est Houphouët même. C'est cette intelligence tournée vers l'action. Une maîtrise de soi et une mémoire du type de celle qui permettait à Napoléon de dicter jusqu'à sept lettres simultanément. Dans ses idées, ses discours, ses entretiens et ses notes, on retrouve le même équilibre et la même constance.
Dans la démarche d'Hou-phouët-Boigny, tout est vision lucide, agilité intellectuelle et sagesse tournée vers l'action. La même intelligence souveraine qui a dominé son temps ; la même volonté qui par-delà ses contemporains, a imposé sa domination aux générations futures. Non pas qu'il n' y ait eu parmi ses contemporains et compatriotes ivoiriens des hommes de valeur. Son prestige leur en imposait. Ses cadres avaient pour le Vieux une affection et " cette tendresse malicieuse et allègre "analogues à celles des " grognards " pour Napoléon.

Un grand don chez lui, selon la formule de Paul Valery: " Il comprenait toujours la chose qui n'avait jamais été. "

Personnage et destin exceptionnels, homme de foi aux aptitudes peu communes, Houphouët-Boigny était au centre de son projet de société avec une unique préoccupation: celle de convaincre et non d'imposer. Il prenait la peine de le faire avec une intelligence souveraine à la fois vigoureuse, souple et subtile, une énergie inflexible en ses buts mais qui savait attendre et si besoin était, s'allier à une étonnante habileté manoeuvrière. Il partage avec les grands hommes d'Etat, cette volonté froide et toujours lucide. Dans son visage net, tout était vision lucide. Un des plus agréables causeurs de son temps, il arrivait à cet homme de caractère, d'être sensible jusqu'aux larmes. Les nombreuses épreuves de la vie avaient contribué à conforter sa résolution. Politicien, nul ne le fut avec autant de virtuosité que Félix Houphouët-Boigny. Nul n'a mieux connu que lui, la psychologie et le maniement des masses.

Félix Houphouët-Boigny était, en Afrique, certainement le mieux préparé aux hautes fonctions qui seront les siennes en Côte d'Ivoire. Son expérience et son intelligence lui ont permis, avant d'atteindre les sommets de l'Etat, de faire le tour des idéologies régnantes. Son hérédité lui a légué une assurance et une rectitude dignes de la plus authentique aristocratie. L'hommage qui lui a été rendu par le Général de Gaulle, qui lui confiera les plus hautes responsabilités dans ses différents cabinets ministériels, atteste de cet état de préparation et des énormes potentialités de l'homme appelé à présider aux destinées de la Côte d'Ivoire.

"Un cerveau politique de premier ordre dira-t-il -... de plain-pied avec toutes les questions qui concernent non seulement son pays, mais aussi l'Afrique et le monde entier, ayant chez lui une autorité exceptionnelle et au-dehors, une indiscutable influence et les emploie à servir la cause de la raison".
Cette promesse des fleurs sera tenue par le Chef de l'Etat de la première République de la Côte d'Ivoire. Un long règne, à la barre du navire Ivoire, les yeux rivés sur l'horizon et l'avenir.
Félix Houphouët-Boigny, qui est arrivé sur la scène politique sur la plate-forme de ses luttes syndicales contre les colons français planteurs en Côte d'Ivoire, était tout à fait familier avec l'arrogance de la domination coloniale. Ainsi, dans une Afrique déboussolée, dans un monde en quête de sens et de dignité, " le Vieux " fait le pari de donner une finalité à son action. La libération nationale passe nécessairement par la libération des énergies et des ressources nationales, seules susceptibles de garantir l'avenir d'un pays. Entre toutes les ressources, les ressources humaines seront privilégiées à travers l'éducation et la formation. La terre sera valorisée parce qu'elle est nourricière.

Pour ceux des Africains qui n'auraient pas compris la démarche, " le Vieux " avertit: "Notre liberté sera illusoire aussi longtemps que nous n'aurons pas su exploiter nous-mêmes, organiser, harmoniser les ressources de nos différents pays pour nous passer progressivement de l'intervention de l'étranger dans notre économie. " Il avait déjà conscience que la formation d 'une nation était une oeuvre de longue haleine qui prenait plusieurs générations.

Pour Félix Houphouët-Boigny, les maître-mots des pays nouvellement indépendants restent donc : liberté, dignité, souveraineté et coopération. Pour lui, la règle d'or de la survie pour les peuples anciennement sou domination coloniale c'est de " rester nous-même, dans un monde où se multiplient les occasions d'aliénation. On retrouve le bon sens, le sens des réalités, le réalisme gaullien: " Les choses étant ce qu'elles sont ! " dès que le Vieux aborde la " question des idéologies à la mode: " L'étude du monde moderne fait apparaître de plus en plus clairement que les doctrines qui sacrifient l'Etat aux individus, se révèlent aussi inefficaces que celles qui prônent le principe contraire. "
Félix Houphouët-Boigny n'est pas du type de dirigeant politique qui suit l'opinion. Il est de ceux qui guident leur peuple, une locomotive, à laquelle seront solidement et précautionneusement attachés les wagons de la nation. Il a donc son projet, un projet de société au centre duquel il place l'Homme, un projet de société qui ne soit pas uniquement matériel, un projet qui trouve son équilibre entre la tradition africaine et la modernité, un projet voulu par la communauté des Ivoiriens.

Le projet du Vieux est séduisant : il porte sa marque: netteté d'esprit et hauteur de vue, ambition collective. Un tel projet requiert un moteur et un vecteur pour le propulser. Il requiert une autorité forte et cohérente pour arbitrer sa mise en oeuvre et, au besoin, contenir les intérêts partisans et imposer l'intérêt général. Il fait des Ivoiriens des acteurs de leur propre devenir. Il requiert d'eux énergie, discipline et solidarité.
La société privilégiée dans le projet du Vieux est une société dans laquelle le poids des individus n'est décisif ni même prépondérant. C'est une société où les notions de liberté, de droits., de devoirs et de responsabilités s'équilibrent au profit de l'intérêt général. Il voulait en réalité, une société ivoirienne avec ses repères politiques, culturels et religieux. En somme un Etat ouvert à la réflexion collective, qui soutienne et accompagne l'initiative et favorise la gestion participative.

L'Etat que le Vieux propose aux Ivoiriens est en réalité un Etat adapté aux réalités de son pays. Un Etat fort avec à sa tête un chef qui exerce effectivement le pouvoir, un homme libre de toute influence partisane et qui n'est responsable que devant la nation. Un homme qui incarne des valeurs politiques et morales. C'est un Etat fortement lié à la nation et qui lui assure unité, responsabilité et direction. C'est en ce sens que de Gaulle disait que " La seule institution qui ait qualité pour répondre d'une nation, c'est l'Etat qui la dirige ".

Diriger, c'est non seulement indiquer la voie à suivre, mais c'est surtout prendre les décisions qui s'imposent. Les actions de l'Etat, de son chef, du gouvernement et du parlement sont sanctionnées par le renouvellement de leur mandat en reconnaissance d'une action heureuse ou en les écartant au profit d'une nouvelle équipe qui présente un projet plus prometteur. Telle est la loi de l'alternance démocratique avec l'arbitrage du suffrage universel.

Dans un monde en rapide évolution, Félix Houphouët-Boigny a voulu un projet pour la Côte d'Ivoire. Un projet pour comprendre où elle va et pourquoi. Architecte de ce projet, il a confié son exécution à l'Etat. Ce projet est un art de vivre ensemble solidairement dans une nation ouverte sur le monde. C'est ainsi que l'Etat ivoirien a voulu assumer les responsabilités d'un Etat intégrateur, un Etat facteur d'unité entre ceux qui l'ont institué, c'est-à-dire les citoyens.

Parce que la cohésion nationale n'est jamais totalement à l'abri des forces de désintégration, telles que le tribalisme, l'analphabétisme, le chômage, parce que la nation n'est pas donnée une fois pour toutes, mais le fruit, d'un processus dont la finalité reste l'unité nationale, l'Etat sera le gérant de l'intégration nationale en exigeant de chaque région du territoire national, à chaque citoyen et à chaque génération, d'être solidaires les uns des autres. C'est un tel esprit que Henri Bergson qualifiait en ces termes: " Au fond de l'obligation morale, il y a l'exigence sociale. "
Pour ce qui est de l'Afrique, Félix Houphouët-Boigny croit en l'unité africaine. Mais il est trop sage et trop rigoureux pour en rêver. Il perçoit cette unité non pas comme une atopie, comme ses adversaires ont voulu le présenter, mais plutôt comme une utopie, c'est-à-dire quelque chose susceptible de se réaliser à long terme et dans des conditions précises. Dès lors il est resté accroché aux données d'une réalité africaine faite de rivalités et d'ambitions de personnes et d'idéologies. Il savait que rien n'était impossible dans la réalisation de l'unité africaine. Mais, à l'intérieur des frontières héritées de la colonisation, il fallait d'abord imposer la paix et vaincre la désunion. La discipline était nécessaire avec une énergie centrée sur des objectifs nationaux si l'unité continentale ne devait pas être une ambition sans lendemain.

Mai 1963, il était bien présent à Addis-Abeba lors de la création de l'Organisation de l'Unité Africaine. Mais il était trop averti et trop rigoureux pour ignorer " la mésentente cordiale " et les rivalités sournoises qui couvaient dans les relations entre dirigeants africains. Il était trop sage et trop perspicace pour ne pas comprendre que dans pareilles circonstances, ses propositions et sa voix avaient très peu de chance d'être entendues.

S'il est un terrain sur lequel cela devait se confirmer, c'est bien celui de la lutte contre la politique de discrimination raciale instaurée en Afrique du Sud. En dépit de son aversion pour le régime d'apartheid, en dépit de sa ferme condamnation de ce régime, Félix Houphouët-Boigny tiendra un langage de lucidité et de courage qui ne trouvera pas d'échos en Afrique. " Les problèmes de discrimination raciale, si douloureux, si affligeants qu'ils soient pour notre dignité de Nègre, ne doivent pas se régler, à notre avis, par la force... "

"Je crois que le dialogue avec les Blancs d'Afrique du Sud est possible, si nous le situons dans une perspective de paix par la neutralité et dans la neutralité politique".

Il préconise ni plus ni moins une politique d'ouverture en direction de l'Afrique du Sud avec une seule condition: " les Blancs de l'Afrique du Sud doivent engager le dialogue avec leurs frères d'Afrique du Sud ".

Le courage de Félix Houphouët-Boigny rejoint ici le sens que Jean-Jaures donne à ce mot lorsqu'il écrit que " Le courage n'est pas de laisser aux mains de la force la solution des conflits que la raison peut résoudre... Le courage c'est de ne pas livrer sa volonté au hasard des impressions et des forces... "

L'Apartheid, en fin de compte, cédera sous les vigoureux coups de boutoir de ses nombreux adversaires. Tous déterminés , chacun avec sa conviction sur la meilleure attitude de combat, les meilleures armes à adopter face à leur adversaire commun. Rien ne viendra ébranler la confiance et la détermination de Félix Houphouët-Boigny dans son intime conviction que le dialogue n'a pas de substitut dans une situation de conflit.

Souvenons-nous de ces mots venant de lui : " Je rêve d'une société libre et démocratique où tous les hommes auraient des chances égales et vivraient ensemble en harmonie. C'est un idéal pour lequel je continuerai à me battre, et que je souhaite voir se réaliser un jour. Mais c'est également un idéal pour lequel je suis prêt à mourir. "

C'est ainsi que la paix était devenue chez Félix Houphouët-Boigny une obsession. La paix d'abord, la paix sans laquelle rien de sérieux et de durable ne saurait se construire. Paix sans laquelle il n'y a pas de famille, pas de clans, pas d'ethnies, pas de société, pas d'Etat, pas d'Afrique, pas de monde.