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Félix
Houphouët-Boigny
Né
le 18 octobre 1905 à Yamoussoukro, au centre de la Côte
d'Ivoire, dans une famille aisée de chefs coutumiers, il
est à cinq ans roi de la tribu des Akoués. Confronté
à la réalité des sacrifices humains, il se
convertit au catholicisme à l'âge de 11 ans. Des
études à l'école primaire de Bingerville,
puis à l'Ecole normale et à l'Ecole de médecine
de Dakar le conduisent à une carrière de médecin.
Il prend dès 1932 la défense des planteurs de cacao,
soumis au travail forcé, et en 1944 fonde le Syndicat agricole
africain.
La Côte d'Ivoire obtenant, comme les autres colonies, sa
représentation à l'Assemblée constituante
française en 1945, Félix Houphouët-Boigny en
est élu député et le restera jusqu'en 1959.
Il fait adopter la suppression du travail forcé dans les
colonies d'Afrique, fonde en 1946 le Parti démocratique
de Côte d'Ivoire (PDCI), qui est la section ivoirienne du
Rassemblement démocratique africain (RDA), qu'il présidera.
Il est ministre du gouvernement français à cinq
reprises entre février 1956 et juillet 1959. La présidence
du Grand Conseil de l'Afrique occidentale française (AOF)
qu'il prend en 1957 lui offre une tribune idéale pour déclarer
sa volonté de voir la Côte d'Ivoire indépendante.
Premier ministre de son pays en 1959, il le mène à
l'indépendance le 7 août 1960 puis est élu
à sa présidence le 27 novembre suivant.
Portrait de Félix Houphouët-Boigny en 1958. Constamment
réélu de 1965 à 1990, Félix Houphouët-Boigny
parvient à maintenir la stabilité d'une nation formée
d'une soixantaine d'ethnies. Il profite d'une forte croissance
économique soutenue par les cours du café et du
cacao pour lancer des plans de développement et d'industrialisation
qui feront le "miracle ivoirien".
Celui que ses compatriotes surnommaient le "Vieux" laissera
à sa mort le 7 décembre 1993 un pays orphelin qui
cherche ses marques.

Henri
Konan Bédié
Henri Konan Bédié est né le 5 mai 1934 à
Diadékro, au centre est du pays, en région baoulé.
Après des études à l'Ecole normale de Dabou,
près d'Abidjan, puis à l'Université de Poitiers,
il est nommé à l'âge de 27 ans ambassadeur
de Côte d'Ivoire à Washington. Rappelé à
Abidjan en 1966, il se voit confier durant onze ans le ministère
des Finances, puis devient Président de l'Assemblée
nationale de 1980 à 1993. La modification constitutionnelle
intervenue en novembre 1990, prévoyant que le Président
de l'Assemblée nationale accède à la Présidence
de la République en cas de vacance du pouvoir, le porte
à la tête de l'Etat à la mort du président
Houphouët-Boigny le 7 décembre 1993.
Entretien du Président Chirac en 1999 avec Henri Konan
Bédié, alors Président de la République
de Côte d'Ivoire. Président du Parti démocratique
de Côte d'Ivoire (PDCI), il est l'homme par qui le concept
de "l'ivoirité" apparaît dans la vie politique
d'un pays dont le tiers de la population est d'origine étrangère.
Il remporte l'élection présidentielle d'octobre
1995, boycottée par l'opposition hostile au Code électoral
restreignant le droit d'élection aux citoyens nés
de parents ivoiriens. Le putsch du général Robert
Gueï, le 24 décembre 1999, le contraint à abandonner
le pouvoir. Après 22 mois d'exil en France, Henri Konan
Bédié rentre au pays en octobre 2001 pour participer
au Forum de réconciliation nationale.

Robert
Gueï
Né le 16 mars 1941 à Kabacouma, au centre ouest
du pays, d'ethnie Yacouba, Robert Gueï a toute sa vie été
un soldat. Enfant de troupe à l'âge de douze ans,
il suit une formation militaire à Ouagadougou (Burkina-Faso),
puis à l'Ecole militaire de Saint-Cyr Coëtquidan.
Revenu en Afrique, il est promu sous-lieutenant, puis lieutenant
en 1967, capitaine en 1971, commandant en 1975, lieutenant-colonel
en 1978 et son ascension militaire trouve son terme en 1991 avec
le grade de général de brigade. Il est alors chef
d'état-major des Forces armées nationales de Côte
d'Ivoire (FANCI).
Son nom apparaît au public lors d'une expédition
punitive qu'il a ordonnée en réaction à une
révolte étudiante au campus universitaire de Yopougon
en juin 1991.
Soupçonné d'avoir fomenté un coup d'Etat
en 1995 pour renverser Henri Konan-Bédié, il est
mis en retraite anticipée en 1996 et se retire dans son
village natal. Le 24 décembre 1999, un nouveau putsch le
porte à la tête de l'Etat où il demeurera
jusqu'à l'élection présidentielle d'octobre
2000 remportée par Laurent Gbagbo.
Le général Robert Gueï est assassiné
lors de la mutinerie du 19 septembre 2002.

Laurent
Gbagbo
Né le 31 mai 1945 à Gagnoa, au sud-ouest de la Côte
d'Ivoire, en pays bété, Laurent Gbagbo obtient le
baccalauréat, puis une licence d'histoire à l'Université
d'Abidjan en 1969. Il est professeur d'histoire-géographie
l'année suivante. C'est alors qu'il se sensibilise au syndicalisme
; son enseignement, jugé "subversif", lui vaut
deux ans de prison au début des années 70. Entré
comme chercheur en 1974 à l'Institut d'histoire, d'art
et d'archéologie africaine (IHAAA) de l'Université
d'Abidjan, il en devient le directeur en 1980. Son engagement
syndical reste actif et il est considéré comme le
principal artisan de l'agitation estudiantine de 1982. Il part
alors en exil en France et ne reviendra en Côte d'Ivoire
qu'en 1988, pour se faire élire Secrétaire général
du Front populaire ivoirien (FPI), parti d'opposition dont il
avait créé l'embryon en 1982.
Le Président ivoirien Laurent Gbagbo reçu à
l'Elysée par le Président Jacques Chirac en 2001.
Laurent Gbagbo est l'unique candidat ayant affronté Félix
Houphouët-Boigny dans une élection présidentielle.
Les 19% de suffrages qu'il obtient en 1990 face au "Vieux"
lui confèrent une stature de leader de l'opposition. Il
ne participe pas au scrutin présidentiel de 1995, ayant
appelé au boycott pour protester contre le Code électoral
de 1994, mais accède à la magistrature suprême
en l'an 2000.

Alassane
Ouattara
Alassane Dramane Ouattara est né le 1er janvier 1942 à
Dimbokro, près de Yamoussoukro. Après des études
en Côte d'Ivoire et en Haute-Volta (actuel Burkina-Faso),
"ADO", comme le surnomment les Africains, part aux Etats-Unis
où il obtient un doctorat en sciences économiques
à l'Université de Pennsylvanie.
C'est aux Etats-Unis qu'il débute sa carrière comme
économiste au FMI, dont il deviendra directeur général
adjoint en 1994. Après avoir occupé divers postes
à la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest (BCEAO),
il est appelé à Abidjan en 1989 par le président
Houphouët-Boigny pour gérer une situation de crise
économique. Il sera nommé Premier ministre en 1990
et le restera jusqu'à la mort du président en décembre
1993.
Si ses fonctions au FMI, qu'il reprend de 1994 à 1999,
ne l'empêchent pas de se présenter aux élections
présidentielles de 1995 et de 2000, la querelle née
en Côte d'Ivoire autour de sa nationalité controversée
au regard du nouveau Code électoral de 1994, y fait barrage
(il est présumé avoir un père burkinabé).
Avec le Rassemblement des républicains (RDR), qu'il a créé
en 1994 et qu'il dirige depuis 1999, "ADO" est à
la tête de l'une des principales composantes de l'opposition
ivoirienne.

Seydou
Diarra
Né le 23 novembre 1933 à Katiola, au nord du pays,
l'actuel Premier ministre Seydou Elimane Diarra a mené
une carrière entre l'agriculture et la politique. Diplômé
de l'Ecole nationale supérieure agronomique de Montpellier,
cet Ivoirien musulman a débuté en politique dans
l'opposition. Arrêté en 1963 et emprisonné
deux ans pour "complot" contre le président Félix
Houphouët-Boigny, il gagne néanmoins la confiance
de ce dernier qui lui confie la gestion de la Caisse de stabilisation
des prix des produits agricoles (CAISTAB). Représentant
à Londres de l'Organisation internationale du café
de 1966 à 1970, il se dirige ensuite vers la diplomatie
en qualité d'ambassadeur de Côte d'Ivoire au Brésil
et dans divers pays européens entre 1970 et 1985.
Revenu à l'agriculture, il gèrera plusieurs sociétés
d'exploitation du cacao avant de revenir à la vie publique
en 1999 lorsque le général Robert Gueï, devenu
chef de l'Etat, en fait son Premier ministre. La valeur de ce
fin diplomate est reconnue en 2001 quand il réussit à
réunir, au sein du Forum de réconciliation nationale
qu'il préside, les quatre leaders ivoiriens, Henri Konan
Bédié, Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara et Robert
Gueï.
Il est nommé une nouvelle fois Premier ministre le 25 janvier
2003, après l'accord de Marcoussis.

Guillaume
Soro
Connu comme le principal dirigeant rebelle, Guillaume Kigbafori
Soro est né le 8 mai 1972. Il est originaire du nord du
pays et catholique. Ses engagements progressistes, qui lui valent
le surnom de "Che", le conduisent à la tête
de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte
d'Ivoire (FESCI) de 1995 à 1998. Quelques séjours
en prison, à la suite de manifestations ayant dégénéré,
ponctueront cette période au cours de laquelle Guillaume
Soro se façonne une image de tribun charismatique. En 1999,
après un séjour en Europe qui suivit la fin de son
mandat à la FESCI, il apparaît aux côtés
de Robert Gueï lors du coup d'Etat de la fin de l'année.
Il anime le Forum international des étudiants francophones
(FIEF). L'alliance avec la junte militaire ne dure pas et Guillaume
Soro prend le parti d'Alassane Ouattara à la suite de l'exclusion
de ce dernier de l'élection présidentielle de 2000.
Il est secrétaire général du Mouvement patriotique
de Côte d'Ivoire (MPCI).
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