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L'EAU SOURCE DE VIE
Faune,
flore, civilisation : l'eau, cet or bleue, enrichit depuis quatre
milliards d'années la planète
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Les
scénarios catastrophes.
Les températures montent. L'année 1999 a été
la plus chaude depuis dix ans et la décennie 1990-2000 la
plus chaude du millénaire. Le fameux an 2000 devrait être
pire que 1999. Les experts du GIEC, qui avaient annoncé un
réchauffement moyen de 1 à 3,5 degrés au cours
du prochain siècle, viennent de revoir leurs prévisions
à la hausse avec 1,5 à 6 degrés.
Les
glaciers fondent.
Tous les glaciers alpins sont condamnés à disparaître
d'ici à la fin de ce siècle. Les banquises fondent
aussi. Au pôle Nord, les études réalisées
par I'Institut Nansen ont révélé que la banquise
s'était réduite de 5,5 % depuis 1978. Selon des études
militaires, les glaces de l'Arctique ont perdu en moyenne 37 000
kilomètres carrés chaque année depuis 1978
et leur épaisseur moyenne est passée de 3,1 m à
1,8 m.
L'eau
des mers monte.
D'ici à 2100, le niveau de la mer devrait s'élever
de 0,14 m à 0,80 m. Pour les experts du GIEC, une élévation
de 0,50 m suffirait pour mettre en péril 92 millions de personnes
sur la planète. De vrais "exodes écologiques"
sont à prévoir. Certains îlots des Seychelles
ou des Maldives seraient engloutis mais ce serait aussi plus de
17 % de la superficie du Bangladesh et 6 % des Pays-Bas qui disparaîtraient.
En France, la Camargue est menacée comme de nombreux endroits
de la côte atlantique telle la pointe du Médoc.
L'eau
potable manque.
Une intensification de l'évaporation des eaux et une nouvelle
répartition des pluies multiplient les sécheresses
et favorisent l'accroissement des zones désertiques. L'eau
potable risque de manquer très vite en Afrique du Nord mais
aussi en Europe du Sud, avec tous les risques de conflit que cela
comporte. Selon certaines études, la Crète, par exemple,
pourrait ne plus disposer d'eau potable avant 2010.
Sécheresses
et incendies.
Ces sécheresses et la canicule favorisent évidemment
les incendies. On se souvient de ceux qui ont ravagé la Grèce
ou l'ouest des États-Unis l'été dernier. L'érosion
des sols et la désertification sont l'autre conséquence
de ces températures trop élevées.
Les
mers poluées
Pluies, inondations et tempêtes. Les événements
climatiques extrêmes se multiplient. Des pluies diluviennes
succèdent aux sécheresses et des tempêtes les
accompagnent. Certains modèles prévoient une augmentation
de 10 % des pluies sur l'Europe, mais avec une nette diminution
des jours de pluie concentrés en vrais déluges et
provoquant des inondations catastrophiques en raison de la modification
des sols par l'homme.
De
curieux hivers.
Croire que le réchauffement serait obligatoirement synonyme
de Noëls au balcon est une erreur, selon certains chercheurs.
La fonte des glaciers d'eau douce pourrait faire disparaître
le Gulf Stream qui nous réchauffe. L'eau douce plus légère
que l'eau salée appuierait sur la tête du fameux courant
venu du Golfe du Mexique pour le faire plonger dans les profondeurs.
Résultat paradoxal: en dépit du réchauffement,
nous connaîtrions en France des hivers comparables à
ceux de Montréal.
Des
espèces menacées.
L'ours polaire vivant sur la banquise n'est pas le seul à
risquer de disparaîtrait de la planète. Le manchot
est lui aussi menacé par la fonte des glaces, comme les populations
de tigres d'Asie risquent d'être définitivement anéanties.
Les oiseaux migrateurs qui survolent notre région risquent
de ne plus descendre hiverner dans les pays du Sud, s'ils trouvent
leur nourriture toute l'année dans le nord. Nos arbres familiers
disparaîtront aussi. Très vite, il n'y aura plus de
place chez nous pour le hêtre ou le sapin, par exemple.
Exprimez
vous ?
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D'abord
les bactéries
Unicellulaires, elles naissent probablement dans les sources
hydrothermales qui jaillissent, très chaudes, à
de grandes profondeurs. Puis les algues vertes, grâce
à la photosynthèse, enrichissent en oxygène
l'océan, mais aussi l'atmosphère, permettant la
vie. La couche d'ozone se forme et protège la terre. |
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Les
premiers animaux
Les éponges, les méduses, les vers. Premiers vertébrés
: les poissons, dont les requins Les amphibiens sortent de l'eau
et engendrent reptiles, oiseaux et mammifères. Ils quittent
la mer protectrice en quête de davantage d'oxygène
et de lumière. |
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Les
premières plantes
Les algues vertes conquièrent les terres découvertes
à marée basse et évoluent en plantes
terrestres. Elles se dotent d'une tige, d'un système
de circulation d'eau et de sève et d'une écorce
protectrice. Les fougères et les prêles géantes
voisinent avec des champignons et des lichens.
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Les
océans
Ils occupent plus de 70 % de la surface de la planète.
Les 1 375 millions de kilomètres cubes d'eau de mer
contiennent en moyenne 35 grammes de sel par litre. Etalé
sur les terres émergées, ce sel formerait une
couche de 150 mètres d'épaisseur.
L'eau
souterraine
Elle constitue, sous forme de nappes, les réserves
de la planète. Les plus proches du sol, dites phréatiques,
alimentent les sources. Les plus profondes sont dites captives
: elles s'exploitent par forage. Certaines se sont constituées,
il y a des milliers d'années. Ce sont les nappes dites
fossiles.
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L'eau
potable
Plus d'un milliard d'hommes n'y a pas accès. Recueillie
à la source, dans un puits ou une citerne en zone rurale
ou dans les pays du Sud, elle est, dans les pays industrialisés,
distribuée au consommateur par un réseau collectif.
Dans ce cas, elle passe obligatoirement par une usine de traitement.
Les
civilisations de l'eau
L'eau n'est pas notre élément naturel et, à
l'image des mythes qu'elle a fait naître, les rapports
entre elle et l'homme conjuguent tour à tour l'amour
et la peur. Subie ou domestiquée, abondante ou rare,
elle marque profondément l'histoire des civilisations.
Les
divinités
Poséidon suscite ou apaise les tempêtes, mais
les créatures de légende sont, le plus souvent,
maléfiques. Comme la Lorelei germanique, les Grecs
Charybde et Scylla, les sirènes ou l'hydre de Lerne,
le Léviathan de l'Ancien Testament ou le Vodianoï
russe.
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Les
premiers explorateurs
Quarante siècles avant notre ère, les Océaniens,
Aborigènes d'Australie et Papous de Nouvelle-Guinée,
effectuent les premiers grands voyages par mer, précédant
les Egyptiens, les Grecs, les Phéniciens et les Carthaginois.
Au VIIIeme siècle, les Vikings traversent l'Atlantique.
La
soie et les épices
Au XIème siècle, les Arabes dominent les routes
maritimes reliant la Chine au Bassin méditerranéen.
Au XIIIème siècle, Marco Polo quitte Venise
pour ouvrir les routes de la soie, par mer puis par terre.
A la Renaissance, les voyageurs se succèdent sur la
route des précieuses épices.
Les
galions engloutis
Navires de guerre et de transport, les galions voyageaient
au XVI" siècle entre l'Espagne et ses colonies
américaines,d'or ils rapportaient ou, argent et pierres
précieuses. Victimes de tempêtes, de batailles
navales ou de pirates, beaucoup gisent par le fond. La chasse
au trésor est ouverte.
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Les
danses de la pluie
Dès l'origine de l'agriculture, apparaissent les rituels
d'invocation de la pluie et les offrandes aux fleuves et aux
sources. Apaches d'Amérique, Aymaras des Andes, Zoulous
ou Dogons d'Afrique dansent, chantent et jouent de la musique
pour que tombe la pluie.
Plantes
des régions sèches
Au fil du temps, les cactus ont transformé leurs tissus
en réserve d'eau. Leur tige recouver1e d'une cuticule
cireuse et leurs feuilles devenues épines freinent
l'évaporation. D'autres plantes dites succulentes ont
des feuilles épaisses, vernies, gorgées d'eau.
Chameaux
et dromadaires
Ils peuvent rester un mois sans boire. Leur bosse est une
réserve de graisse qui, en cas de besoin, se transforme
en eau à raison de 11itre pour 1 kilo. Ils peuvent
perdre jusqu'à 40 % de leur eau sans dommage, alors
que chez l'être humain, une perte de 20 % serait fatale.
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L'eau
du corps
Elle représente 60 % de la masse d'un adulte et doit
perpétuellement se renouveler. Le déficit en
eau envoie un message hormonal au cerveau qui émet
un signal de détresse : la soif. Les reins jouent un
rôle essentiel dans la gestion et le maintien de l'équilibre
des liquides du corps.
Les
maladies liées à l'eau
Elles sont transmises par des bactéries, des insectes
et d'autres organismes vivant et se reproduisant dans l'eau.
Le paludisme, le choléra, la bilharziose, la cécité
des rivières, la fièvre jaune ou la poliomyélite
tuent des millions de personnes par an, surtout dans le tiers-monde.
Les
guerres de l'eau
Les Nations unies ont identifié de nombreuses zones
de conflits potentiels autour de fleuves transfrontaliers,
de nappes phréatiques, de mers intérieures ou
de lacs. Israël contrôle la vallée du Jourdain
et détient toute l'eau de Cisjordanie, sans que les
Palestiniens puissent y réaliser des forages. Dans
les années quatre-vingt, La Mauritanie et le Sénégal
se sont affrontés pour s'approprier les rives du fleuve.
Le Rio Grande provoque des tensions entre les États-Unis
et le Mexique. La Syrie et L'IraK sont menacés par
la Turquie d'un prélèvement des eaux de l'Euphrate
et du Tigre.
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Les
fleuves
Ils jouent un rôle écologique, économique
et culturel. Leurs alluvions fertilisent les plaines. Voies
de communication, ils fournissent eau douce et nourriture.
C'est sur les rives du Nil, du Tigre et de l'Euphrate que
sont apparues les premières grandes civilisations.
Le
sel de la terre
Il est présent sur tous les continents, en couches
souterraines ou déposé en surface par des mers
disparues. Au Sahara, dans des bassins, la terre salée
est mélangée à de l'eau douce. Après
décantation, la saumure est transvasée dans
d'autres bassins ou, par évaporation, le sel se dépose.
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Les
barrages
Ils servent à réguler les crues, irriguer les
terres agricoles et produire de l'électricité.
Il s'en construit environ cinq cents par an. Mais ils présentent
des inconvénients : déplacement de populations,
forêts, faune et flore détruites, développement
de maladies liées à l'eau.
L'agriculture
Elle consomme 69 % de l'eau douce de la planète, tandis
que 23 % va à l'industrie et 8 % aux usages domestiques.
Les surfaces irriguées sont de l'ordre de 400 millions
d'hectares, mais elles sont, pour un quart, menacées
de salinisation : l'eau, en s'évaporant, dépose
sur la terre des sels qui la stérilisent.
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L'industrie
Les industries de transformation sont dévoreuses d'eau.
Fabriquer une voiture en demande 120000 litres. Une tonne
de fibres synthétiques en consomme quelque 5 000 tonnes.
Enfin, les centrales nucléaires utilisent d'énormes
quantités d'eau. Leurs rejets dans les fleuves ne sont
pas sans danger.
L'océan
poubelle
Première source de pollution : le pétrole, dont
3 à 4 millions de tonnes sont déversées
chaque année en mer. Mais aussi les déchets:
on a comptabilisé en Méditerranée plus
de 200 millions de débris divers, dont 80 % de plastiques
non biodégradables.
Habiter
sous la mer ?
Au début des années soixante, le commandant
Cousteau a construit des maisons dans lesquelles des plongeurs
ont pu vivre à 100 mètres de profondeur durant
quatre semaines. L'architecte français Jacques Rougerie
a conçu des projets de villages : l'un d'eux peut déjà
accueillir six aquanautes.
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Les ressources minières
Le plateau continental recèle des matières premières
comme les sables et les graviers. Les six mille cinq cents
plates-formes offshore produisent plus du quart du pétrole
mondial. On exploite le brome et le magnésium en suspension
dans l'eau de mer, qui contient une quantité d'autres
minerais.
L'aquaculture
Elle ne cesse de se développer pour compenser la raréfaction
des prises en mer. Chaque année, elle produit 22 millions
de tonnes de poissons, de fruits de mer et d'algues alimentaires.
Elle entraîne toutefois un risque de pollution des zones
côtières.
La
pêche
Les captures en mer sont de 90 millions de tonnes par an.
Dix pays pêchent 70 % du poisson. Leurs navires-usines
capturent 1 000 tonnes par jour au moyen de filets dérivants
de plus de 20 kilomètres. Les océans ainsi ratissés
sont surexploités, de nombreuses espèces sont
en voie d'extinction.
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