LES BANANES

LE BANANIER : LA PLUS GRANDE "HERBE" DU MONDE

Le bananier n'est pas un arbre, mais une herbe géante qui peut atteindre jusqu'à 15 mètres de hauteur.

C'est, en fait, la plus grande herbe du monde.

En s'enroulant les unes autour des autres, Ies feuilles donnent naissance au "pseudo tronc" qui ressemble au tronc des arbres mais ne contient pas de bois. Comme la frondaison d'un arbre, les limbes des feuilles s'étalent,alors au-dessus du pseudo tronc. Le bananier pousse dans les régions chaudes et humides. Il est essentiellement constitué d'eau (80 %). Près de 1000 variétés de bananiers poussent dans le monde !

Le bananier serait-il immortel ?
Le bananier est une plante étrange qui se succède à elle même. Lorsqu'on récolte son régime, le pied-mère meurt (on sectionne alors, non seulement la tige florale, mais aussi le pseudo tronc). Mais avant la récolte, il a émis des ramifications latérales qui vont lui succéder. De sa tige souterraine (appelée aussi bulbe, souche ou rhizome) vont pousser des rejets (ou rejetons) qui assureront, par voie végétative, la pérennité du bananier. Chaque rejet peut donner un plant de bananier qui peut succéder au pied-mère sur la même souche ou être détaché pour être planté et cultivé ailleurs.

1000 variétés de bananier
On compte environ 1000 variétés de bananier regroupées en 50 groupes et il existe une multitude de banane différentes sur la planète.

À graines, sans graines, minuscules, énormes, longues, courtes, carrées, rondes, droites, courbes, vertes, jaunes, roses, panachées, argentées, tigrées, les bananes, consommées crues ou cuites, peuvent avoir tous les goûts et satisfaire tous les consommateurs.

En Afrique de l’Ouest, il existe un bananier plantain qui produit un seul fruit pouvant atteindre jusqu’à 50 cm de long ! Sur nos tables apparaissent surtout les variétés de bananes dessert cultivées pour l’exportation, les « Cavendish » : Lacatan, Poyo, Grande naine.

En cultuvant la banane, nous pouvons nourrir tous les pays en voie de développement

 

Les incroyables propriétés diététiques de la banane.

La banane est un fruit très énergique (90 calories/100 gr).
Manger une banane par jour assure nos besoins quotidiens en potassium. Nutritive, facile à digérer, elle est riche en hydrates de carbone, phosphore, calcium, fer, vitamines A, B et C.
Contrairement à ce que l'on dit trop souvent, la banane ne fait pas grossir et se digère très bien.

 

Banane dessert ou plantains ?
Les bananiers cultivés (dit cultivars) se divisent en deux grands sous-groupes : celui des bananes douces ou bananes dessert et celui des bananes à cuire, parmi lesquelles les plantains occupent une place prépondérante.

L'actualité qui construit l'avenir :

Le papier "Banane" au secours des forêts.

Un Japonais a mis au point un procédé de fabrication de papier à partir des déchets de production bananière.

Éxpérimenté dans deux usines pilotes à Haïti, il permet d'obtenir 1200 feuilles au format A4 à partir d'une tonne de pulpe. La technique pourrait être étendue aux 129 états producteurs, contribuant aunsi à combattre le chômage et à épargner les forêts tropicales. Tandis que la demande de papier augmente, ce procédé permettrait de produire la moitié des 170 millions de tonne de pâte à papier consommé chaque année !

Monsieur,
Président de L'APBG ( Association des Producteurs de Bananes dans le Gharb) et producteur de banane sous serre dans le Maroc, je tiens à vous faire part d'abord de mes propos positifs pour votre site tres fructueux concernant la banane dans le monde, sauf que je voulais attirer votre attention sur l'evolution de la culture de banane sous serre au Maroc qui a atteint en decembre 2004, 5000 hectares en production. de ce fait le Maroc est le premier producteur mondial de banane sous serre .
Dans l'attente de vous lire, veuillez agréer Monsieur mes sincères salutations.
M. le président de l'apbg

Le plus grand bananier du monde est un bananier sauvage !

Le plus grand bananier du monde s'appelle « Musa Ingens ».

Son pseudo tronc peut atteindre 15 mètres de hauteur et 2,5 mètres de circonférence et son régime de bananes peut peser jusqu'à 60 kg ! Hélas, ses fruits remplis de graines noires et dures ne sont pas comestibles. « Musa Ingens » pousse en altitude (de 1000 à 2100 mètres), dans les forêts de la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

L'HISTOIRE D'UN FRUIT VOYAGEUR

Le bananier est un grand voyageur : suivre la route de la banane à travers les siècles, c'est un peu suivre celle des hommes.

Le bananier est originaire de l'Asie du Sud Est (Chine). Aux Philippines, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, en Indonésie, on le trouve encore à l'état sauvage. Il a ensuite migré vers la péninsule Indienne, l'Afrique de l'Est et les îles du Pacifique.

Au cours de cet incroyable voyage, il s'est métamorphosé : il a progressivement perdu ses graines et s'est rempli de pulpe. Le bananier en se propageant s'est diversifié. La demande en bananes s'accroît dès la fin du XIXe siècle.

En 1915, l'Europe importait plus de 100000 tonnes de fruits en provenance de la Jamaïque. À l'époque, on cultivait surtout une variété de bananes desserts, appelée « Gros Michel ». Mais, en 1940, une grave maladie, dite "de Panama", décima les plantations, entraînant sa disparition progressive. À partir de 1960, la « Gros Michel » fut systématiquement remplacée par des bananes résistantes à la maladie, appartenant au sous groupe Cavendish.

Aujourd'hui, la quasi-totalité des bananes dessert d'exportation est encore de type Cavendish. Pourtant, d'autres bananes existent, elles ont le parfum des Caraïbes, de la Guadeloupe ou de la Martinique. Tigrées, elles arrivent tout droit des Canaries. Grandes et longues, elles proviennent d'Afrique ou des lointaines Amériques.


Les premières grandes plantations bananières en Amérique latine, au tournant du siècle
« Le mercredi débarqua un groupe d'ingénieurs, d'agronomes, d'hydrologues, de topographes et d'arpenteurs qui passèrent plusieurs semaines à explorer les mêmes lieux que parcourait Mr. Herbert à chasser les papillons.
Plus tard, arriva Mr. ]ack Brown, dans un wagon supplémentaire accroché en queue du train jaune et tout plaqué d'argent, avec des fauteuils couverts de velours épiscopal et une verrère bleutée en guise de toit. Dans ce wagon spécial arrivèrent également, voletant autour de Mr. Brown, ces avocats pleins d'emphase, tout de noir vêtus, qui suivaient autrefois le colonel Aureliano Buendia dans ses moindres déplacements, ce qui donna à penser aux gens que ces agronomes, hydrologues, topographes et arpenteurs, ainsi que Mr. Herbert avec ses ballons captifs et ses papillons multicolores, et Mr. Brown avec son mausolée roulant et ses féroces bergers allemands, avaient tous quelque chose à voir avec la guerre. Néanmoins, on n'eut pas le temps de s'attarder beaucoup sur cette pensée car à peine les habitants de Macondo eurent-ils commencé à se demander, méfiants, ce que diable il était en train de leur advenir, que leur village s'était déjà transformé en un campement de bicoques en bois recouvertes de zinc, peuplé d'étrangers qui arrivaient en foule par le train, non seulement sur les sièges et les plates-formes mais jusque sur le toit des wagons. »

Joséphine Baker a contribué à populariser la banane en France.

On se souvient encore de sa tenue de scène composée d'une simple ceinture de bananes.

Il s'agissait en fait de bananes plantains surnommées "Oh, la, la ! Madame" par les Antillais et les Réunionnais.

Plus de 120 pays produisent des bananes

La production mondiale est estimée à 85 millions de tonnes, dont 30 millions de tonnes de plantains. Sur ce volume, 98 % des bananes et la totalité des plantains proviennent des pays en développement. Les nations les plus pauvres fournissent 42 % de la production totale de bananes. La production de bananes à cuire (plantains et autres bananes) est estimée à 20 millions de tonnes pour le continent africain, qui produit environ 50 % de la banane plantain au niveau mondial (l'Amérique du Sud 25 %, I'Asie 15 % et l'Amérique centrale 10 %).

Panama
En 1919, 7 millions de caisses de bananes sont embarquées à Almirante.

Équateur
De 1982 à 1983, des pluies exceptionnelles submergent plus de 27000 hectares de cultures. Cela n'a pas empêché l'Equateur de reprendre sa place de premier exportateur mondial.

Colombie
Les premières plantations se sont installées près du port de Santa Marta, dans la zone de Ciénaga. C'est le 24 octobre 1891, sur le bateau à vapeur « Claribel », que se fait le premier chargement de bananes (1582 régimes). Destination : La Nouvelle-Orléans !

Jamaïque
Au XIXe siècle, naissent les premières plantations de bananes dessert. Ces dernières approvisionnaient alors l'Europe et l'Amérique du Nord.

Mexique
Dans les années 40, l'exploitation de la banane constitue l'une des premières sources de revenus de la région de Tabasco où la production intensive avait débuté dès 1890.

Canaries
La banane Cavendish y est introduite par les Anglais à partir du jardin botanique de Kew avant de gagner I'Amérique du Sud.

Afrique de l'Ouest
Ce sont les voyageurs, puis les commerçants qui, au XVIe siècle, l'introduisent sur la côte ouest de l'Afrique.

Afrique centrale
On pense que les plantains sont en Afrique centrale depuis 8000 ans.

Inde
En Inde, la domestication du bananier remonte à une époque très lointaine.
Ce dernier figure sur les célèbres peintures et sculptures d'Ajanta et d'Ellora (300 à 400av.JC.).

Chine
Le bananier comestible serait originaire de Chine et aurait progressé vers l'Ouest, d'abord en Asie Mineure, puis en Afrique.

L'arbre du paradis, symbole de la fragilité
Le bananier, en accompagnant la vie des hommes, en a aussi nourri l'imaginaire. Rien d'étonnant dès lors qu'il apparaisse dans de nombreuses légendes. Ainsi prétend-on qu'il fut l'arbre 1u paradis : « Musa paradisiaca ».

Son concurrent direct était, alors, le palmier dattier. Les fruits de ces deux espèces furent, en effet, considérés comme également succulents, mais les feuilles du bananier, plus pratiques pour masquer les instruments du péché, firent la différence (de justesse !).

Parce-qu'il disparaît après avoir porté ses fruits Bouddha fit du bananier le symbole de la fragilité, de l’instabilité des choses. « Les constructions mentales sont pareilles à un bananier », peut-on lire dans un des textes fondateurs du Bouddhisme.

La peinture chinoise reprendra souvent le thème du sage méditant sur l'impermanence des choses au pied d'un bananier.

UNE NOURRITURE DE BASE

Aujourd'hui, 700 millions de personnes souffrent de malnutrition. Nourrir la planète reste un des défis des années 2000.

Les pays en voie de développement sont, bien évidemment, les plus menacés par
ce fléau.

Or le bananier et le bananier plantain contribuent à la sécurité alimentaire des populations des pays défavorisés.

Ils constituent une ressource alimentaire importante pour plus de 400 millions d'habitants des pays tropicaux.

Ces fruits sont vitaux pour les millions de paysans qui les produisent, les consomment ou les vendent sur les marchés locaux. Et leur exportation représente pour nombre de pays en voie de développement une source précieuse de revenus.L'une des plus importantes cultures vivrières du monde.

Après le riz, le blé et le maïs, la banane est l'une des plus importantes cultures vivrières du monde ; 90 % de la production est consommée sur place, notamment dans les pays les plus pauvres d'Afrique, d'Amérique latine et d'Asie. Dans certaines régions, la banane est même la principale denrée cultivée et la purée de banane y est souvent le premier aliment solide donné aux nourrissons.

Cependant, la consommation par habitant varie selon les pays : de 2 kg par habitant et par an en Chine à 50 kg par habitant et par an en Océanie, et même 250 kg par habitant et par an en Afrique de l'Est (Ouganda, Burundi, Rwanda), notamment sous forme de plat cuit ou de bière.

LA FILIÈRE INDISTRIELLE DE LA BANANE DESSERT

En 1995, plus de 13 millions de tonnes de bananes dessert ont été exportées. Les États-Unis, I'Union européenne et le Japon sont les principaux importateurs.


En 30 ans, la production mondiale de bananes dessert a plus que doublé (80 % , provient de deux régions du monde, l'Asie du Sud Est et l'Amérique latine) et les exportations ont triplé de volume. Juste derrière l'orange, mais devant le raisin, la banane dessert constitue la deuxième production mondiale de fruits 55 millions de tonnes par an. Mais seulement moins du quart de la production fait l'objet d'un commerce international. La production et le commerce des bananes dessert constituent des enjeux économiques et politiques importants.

Les bananes poussent aussi en Europe
Quatre pays membres de l'Union européenne sont producteurs de banane : l'Espagne (Canaries); la France (Guadeloupe, Martinique); la Grèce (Crète et Laconie) ; le Portugal (Madère, Açores, Algarve).
La production annuelle globale est proche de 800000 tonnes, dont environ 370000 tonnes aux Canaries et un tonnage équivalent pour la production française répartie entre 100000 tonnes pour la Guadeloupe et 270000 tonnes pour la Martinique. Ces quantités varient d'une année sur l'autre, en raison notamment des cyclones ou tempêtes aussi en Islande... mais elle y est cultivée sous serre.

La production bananière dans les régions françaises
L'activité bananière procure aux Antilles françaises 20000 emplois directs et indirects. Elle constitue, avec celle de la canne à sucre, la base de l'économie agricole de la Martinique et de la Guadeloupe. Si la banane antillaise est produite principalement pour les besoins du marché européen, les productions de Guyane, de la Réunion et de Mayotte sont destinées au seul marché local. C'est dans le cadre de la réalisation du Marché unique européen que l'Organisation commune des marchés (OCM) de la banane a été mise en place le 1er juillet 1993. Pour la France, cette OCM ne concerne que la Martinique et la Guadeloupe

L’ODEADOM


L’Office de développement de l'économie agricole des départements d'outre-mer a la responsabilité du marché français en gérant, pour le ; compte de Bruxelles, l'aide compensatoire prévue par l'Organisation Commune des Marchés de la banane ainsi que les certificats d’importation.

Créé en 1984, parallèlement aux offices par produit, afin de répondre aux besoins spécifiques des DOM en matière de développement agricole, l'ODEADOM apporte son soutien aux différentes filières, traditionnelles et de diversification.

L'Office gère également des aides communautaires autres que celle prévue par l'OCM banane, que ce soit dans le cadre de l'OCM ananas ou du POSEIDOM agricole programme d’options spécifiques à l’éloignement et à l’insularité des départements d’Outre-Mer)

 

Avant d'arriver sur la table du consommateur, la banane dessert, qui est récoltée alors qu'elle est encore verte, a fait un très long chemin.

En voici les principales étapes :

Les différentes mains du régime sont enlevées de la hampe : c'est le « dépavage ».

Les mains sont ensuite lavées et rincées, elles sont découpées en bouquets.

Les bouquets reçoivent un traitement, pour éviter, en cours de conservation, l'apparition de pourritures dues à des champignons.

Les bananes calibrées et conformes aux normes de qualité sont emballées dans des cartons qui sont ensuite pesés puis disposés sur des palettes.

Elles sont acheminées vers les ports d'embarquement, dans des camions ou des conteneurs où la température est contrôlée en permanence.

Elles sont embarquées à bord de navires porte-conteneurs ou de « reefers ».

Les bananes, sitôt débarquées, sont acheminées dans les mûrisseries.
Elles sont mûries à la demande et distribuées.

 

La banane respire
Tous les fruits sont vivants et respirent. Mais tous ne mûrissent pas de la même façon.
La banane est un fruit climactérique. Comme l'avocat, la poire, la mangue, la pomme, la prune, elle ne mûrit que si sa respiration s'intensifie brusquement. Alors qu'elle est encore verte, la banane se met à produire de l'éthylène. L'émission du gaz provoque une réaction biochimique qui génère une forte augmentation de la respiration du fruit.
C'est ce « réveil en sursaut » qui déclenche le mûrissage : I'amidon se transforme en sucres, les tissus s'amollissent, la chlorophylle de la peau est détruite, la banane devient jaune. L'éthylène s'échappe ensuite de la banane et fait aussitôt mûrir ses voisines. Aujourd'hui, les bananes sont mûries à la demande. Elles sont stockées dans des mûrisseries souvent situées dans les marchés d'intérêt national (MIN) et de proximité des zones de grande consommation. La température varie entre 13 et 18°, selon les besoins, et est régulièrement contrôlée. Leur mûrissage est déclenché par la diffusion d'éthylène dans l'atmosphère des chambres de mûrissage.

UNE CULTURE SOUS-SURVEILLANCE

Le bananier est une plante rustique qu1 peut pousser facilement dans un coin de jardin, mais la qualité des fruits dépend des soins qui lui auront été apportés depuis sa plantation.

À l'origine, en Asie, étaient deux espèces à graines, « Musa acuminata » et « Musa balbisiarna ».
L'évolution naturelle, les croisements et la sélection effectuée par l'homme ont donné naissance à différentes variétés de bananiers stériles... pour le plus grand plaisir des gourmands car leurs fleurs femelles produisent désormais des fruits sans graines !

De la plantation à la récolte
Il faut compter environ 9 à 12 mois entre la plantation du bananier et la récolte de son régime qui pèse alors, en moyenne, 20 à 25 kg.
À partir du 6e au 7e mois, la fleur apparaît. Vont alors débuter un certain nombre d'opérations en vue de la commercialisation des fruits. Les fleurs sont comptées pour estimer la récolte et prévoir le fret. La récolte se fait en coupant la hampe florale. L'opération est délicate : un homme coupe la hampe, un autre reçoit le régime sur un plateau matelassé. Le régime est ensuite transporté de différentes façons (remorques, câbles) vers la station d'emballage. Il est indispensable d’éviter tout choc ou frottement, préjudiciable à la qualité du fruit.

Le bananier est menacé
Outre les rafales de vents, les tempêtes, les cyclones, le bananier a de redoutables ennemis : des virus, des bactéries, des nématodes, des insectes (charançons) et des champignons ! Ces derniers attaquent les feuilles et peuvent provoquer de graves maladies comme les cercosporioses. C'est dans le bulbe du bananier que pond la femelle du charançon noir. Ses larves y creusent des galeries et font des dégâts considérables.
Quand aux racines, elles sont attaquées par des vers microscopiques, les nématodes. Les fruits, eux, sont la cible de petits insectes, les Thrips. La vie du bananier n'est pas de tout repos !

La naissance d'un régime de bananes dessert

Le bananier pousse en émettant des feuilles.

Le bananier a atteint sa taille adulte, une tige émerge de son sommet. C'est l'induction florale (ou floraison, ou jetée).

L'inflorescence se recourbe vers le sol, le bourgeon mâle (ou « popotte ») pend à la verticale.

L'inflorescence est composée de spathes violacées.

Les spathes se soulèvent les unes après les autres, se replient, tombent et laissent apparaître les fleurs.

Les fleurs femelles apparaissent les premières, suivies de fleurs hermaphrodites, puis seulement mâles.

Leurs longs ovaires se transforment en fruits (ou « doigts ») qui se redressent vers le ciel en quête de lumière.

Le régime de bananes a trouvé sa forme définitive. Il est composé de plusieurs groupes de fruits appelés « mains » ou « pattes ».

Le bananier a besoin de soins vigilants.

Le bananier vit généralement dans les régions tropicales humides et pousse dans les milieux ouverts, à la lisière des forêts et dans les clairières. Il est cultivé sur des sols sains, aérés, riches en azote et en potasse.

Il est sensible aux basses températures et au vent et réclame des soins vigilants. Le tuteurage ou le haubanage sont indispensables pour éviter qu'il soit déraciné ou se casse. Il est également nécessaire de contrôler l'enherbement.

Il a, en outre, un grand besoin d'eau. Dans les plantations industrielles, les systèmes d'irrigation peuvent être très divers : aspersion, goutte-à-goutte, ruissellement, infiltration, submersion. Pour maintenir le caractère intensif de la culture du bananier, on supprime régulièrement les rejets qui apparaissent en surnombre sur la souche.

C'est l'œilletonnage. Mais le régime de bananes doit, lui aussi, être « soigné ». Les dernières fleurs présentes à l'extrémité du régime (inflorescence mâle) ne donneront pas de bananes et affaibliront la plante. Il faut donc les couper. Le reste des pièces florales, qui subsistent généralement à l'extrémité du fruit lorsqu'il a grossi, doit être enlevé : c'est l'"épistillage".

Certaines feuilles sont également enlevées lorsqu'elles risquent de provoquer des frottements donc des blessures sur les fruits. Enfin, le régime est enveloppé dans des gaines de polyéthylène (ensachage) qui le protègent contre les piqûres d'insectes et maintiennent une température plus optimale pour le développement des fruits.

 

DÉFENDRE ET PROTÉGER LES CULTURES

La science est l'alliée du bananier

Elle intervient à tous les niveaux de la filière et apporte son concours pour :

Améliorer les techniques de culture en sélectionnant un matériel végétal de plantation performant, ou encore en mettant au point des itinéraires techniques adaptés qui tiennent compte à la fois des systèmes de culture et de la conduite de la plante.

Améliorer les variétés. Ses chercheurs s'y emploient en travaillant sur l'amélioration génétique et les biotechnologies. Ils s'appuient pour cela sur la richesse de la biodiversité, source intéressante de caractères agronomiques et de résistance aux maladies.

Élaborer des stratégies de lutte raisonnée contre les parasites et les ravageurs. Celles-ci reposent en priorité sur la mise au point de méthodes d'avertissement biologique et climatique qui mettent en jeu des techniques plus respectueuses de l'environnement.

Améliorer la qualité par les soins apportés aux fruits, au cours de la conduite de la plante au champ, en station de conditionnement et tout au long de la filière.

Protéger l'environnement
Les cultures industrielles destinées à l'exportation peuvent entraîner des dégradations importantes pour l'environnement (altération de la qualité des eaux, baisse de la fertilité des sols, utilisation importante de pesticides...). Il est donc indispensable de mettre en place une agriculture bananière plus respectueuse de l'environnement, basée sur des systèmes de culture durables qui puissent concilier la nécessaire rentabilité économique et la vitale préservation du milieu. C'est une des priorités que le CIRAD s'est fixées.

Préserver la biodiversité des bananiers
En Asie du Sud Est, en dehors des espèces sauvages, que l'on trouve encore dans de nombreux sites, plus de 500 variétés différentes de bananier sont traditionnellement cultivées par de petits planteurs dans des vergers situés à proximité des habitats ruraux. On les trouve alors en association avec des cultures vivrières ou encore en intercalaire avec toutes les autres grandes cultures. En Afrique de l'Ouest, il existe plus de 120 cultivars de bananier plantain rassemblés dans la collection du Centre de recherche sur le bananier plantain (CRBP) au Cameroun. Ces derniers sont également cultivés en Amérique latine. La banane que nous consommons en Europe est, au contraire, le produit de seulement deux ou trois variétés de bananier. Cette grande diversité de bananiers doit être conservée, car pour les améliorateurs elle est la source de caractères agronomiques et de résistance aux maladies intéressantes. Le CIRAD fait partie des grands centres de recherche qui, au nom de la communauté internationale, conservent cette diversité. En Guadeloupe, sur la station de Neufchâteau, il possède une collection au champ de 400 variétés différentes. L'INIBAP, de son côté, est dépositaire de la plus grande collection « in vitro » de bananiers au monde. Mais le consommateur peut aussi participer à la sauvegarde de cette diversité en s'intéressant aux nouvelles bananes qui apparaissent progressivement sur le marché.

VITROPIC
Pour permettre aux producteurs de fruits tropicaux de bénéficier pleinement du progrès des recherches le CIRAD a créé, en association avec certains producteurs, une filiale, VITROPIC, pour produire à grande échelle des plants de bananier par multiplication « in vitro »

Crâce à une sélection clonale et sanitaire rigoureuse, les plants produits par ces techniques sont parfaitement sains, vigoureux et homogènes.

Mis en place sur des sols sains ou assainis (jachère ou rotations culturales), ils permettent le réduire considérablement les traitements chimiques nématicides ce qui abaisse les coûts de production tout en préservant l'environnement et en maintenant une productivité élevée pendant plusieurs années
En outre, associée à des pratiques culturales adaptées, l'utilisation du vitroplant entraîne une amélioration des coûts de production grâce à une précocité accrue et à une maturité des régimes plus groupée. Véritable pionnier dans le domaine des vitroplants de bananiers et de plantains.

V1TROPIC propose également une collection de divers cultivars d'ananas et prépare de nouvelles pistes de développement dans le domaine des fleurs tropicales, de la canne à sucre et de nouveaux hybrides de café arabica.

VITROPIC offre en outre aux professionnels une gamme étendue services : clonage à façon de nouvelles variétés, conseils techniques en pépinières, expertise, transfert technologies. Résolument tourné vers l'avenir, VITROPIC investit dans la recherche et innove dans le but d'améliorer et de garantir la qualité du matériel végétal.

 

 

La banane du futur sera-t-elle jaune, rose, sucrée, acidulée, longue, courte… ?

La banane du futur se conjuguera au pluriel.
Le consommateur pourra, en effet, déguster toutes sortes de bananes aux goûts les plus divers : sucrés, acidulés...
Leurs pulpes iront du blanc crémeux à l'orangé et leurs peaux, épaisses ou fines, seront jaune citron, jaune d'or, et pourquoi pas roses !
Elles proviendront de bananiers qui seront cultivés dans des conditions plus respectueuses de l'environnement et auront acquis des résistances à leurs principaux ennemis. Et qui sait, ces "arbres du paradis" seront peut-être cultivés demain pour tout autre chose que leurs fruits (médicaments, textiles...).
La banane du futur a de beaux jours devant elle.

LA BANANE, LÉGUME OU DESSERT ?

Le bananier est un arbre ressource.
Rien ne se perd, tout s’utilise chez lui. Et il y a mille et une façons de consommer la banane.


Alors que les consommateurs occidentaux l'apprécient le plus souvent comme un agréable dessert, dans de très nombreux pays, la banane est consommée comme un légume. Il s'agit alors des bananes à cuire dont font partie les plantains.

Ces bananes à cuire, communément appréciées dans les régions tropicales, peuvent être : frites, grillées, bouillies, étuvées mûres ou encore vertes.

Elles peuvent être : cuites avec ou sans leur peau, enveloppées dans des feuilles de bananier, cuisinées entières ou râpées et mélangées avec un peu de lait de coco.

La conservation des bananes se fait généralement par séchage.

Les bananes vertes, séchées et transformées en farine, sont également utilisées en boulangerie.

Les bananes mûres peuvent servir à la fabrication de confiseries.

Aux Philippines, on produit du ketchup de banane, et en Afrique de la bière par fermentation du fruit.

Rien ne se perd dans le bananier !

Mais la banane n'est pas la seule partie consommée du bananier. Le cœur de la tige est très prisé en Inde et en Éthiopie.

En Extrême-Orient, les bourgeons sont consommés en salade. Le bananier est un arbre ressource. Rien ne se perd, tout s'utilise chez lui. Le pseudo tronc est utilisé pour construire des barrages ou nourrir le bétail. Les fibres servent à fabriquer des liens, des vêtements, des chapeaux, des filets de pêche, des matériaux composites (garnitures de voitures, cloisons) et même des billets de banque. Dans certaines îles, les graines des espèces sauvages servent à confectionner des colliers.

Le bananier est une plante d'ornement très prisée.

Ses feuilles se révèlent aussi très utiles, matériau de couverture, parapluies, assiettes biologiques, au point que, dans certains pays d'Asie, I'exploitation du bananier est parfois exclusivement destinée à la production de feuilles.

Les fleurs de certains bananiers sont si belles qu'elles sont utilisées pour des compositions florales très appréciées.

 

 

QUELQUES PLATS À BASE DE BANANES

BEBEK BETUTU (canard rôti dans une feuille de bananier)

Ce plat doit la richesse de sa saveur aux arômes des multiples racines, herbes et épices qui en font ressortir le goût. Les Balinais ont beaucoup de respect pour le canard, qui, avec la tortue, est le seul animal capable de survivre sur la terre et dans l'eau.

Ingrédients :
Un canard entier d'environ 2 kg ; 18 échalotes, pelées, coupées en deux et émincées ; 6 gousses d'ail, pelées, coupées en deux et émincées ; 3 tiges de citronnelle coupées en tranches fines ; 5 feuilles de citron vert parfumées, finement ciselées ; 6 noix de bancoul pelé et hachées ; 5 cm de gingembre, pelé et haché ; 8 cm de curcuma frais, pelé et haché ; 8 cm de racine de kencur, pelée et hachée ; 1 cuillère à café de poivre noir en grains, moulu ; 5 piments-oiseaux émincés ; 1 cuillère à café de graines de coriandre pilées ; 2 cuillères à café de pâte de crevettes séchées, grillée et écrasée grossièrement ; 11/2 cuillère à soupe de sel ; 3 cuillères à soupe d'huile ; feuilles de bananier, papier sulfurisé ou papier d'aluminium pour envelopper.
Essuyez le canard et réservez-le. Mélangez les autres ingrédients dans un bol, sauf les feuilles de bananier.
Enduisez le corps du canard avec ce mélange et remplissez l’intérieur avec le reste.
Fermez les ouvertures avec une brochette à saté. Enveloppez de plusieurs épaisseurs de feuilles de bananier, de papier sulfurisé ou d'aluminium et faites cuire à la vapeur pendant 50 mn .
Puis, mettez le canard au four et faites-le cuire à température modérée (180 °C) pendant 30mn. Enlevez les feuilles, coupez la viande en petits morceaux et servez avec la farce. Une fois cuite, la viande doit être si tendre qu'elle se détache toute seule des os.

GODOH (bananes frites) ALOKO en Afrique
Abondantes et bon marché, les bananes frites sont très populaires dans tout le Sud-Est asiatique. Le mode de cuisson lent utilisé dans cette recette permet d'obtenir des bananes qui restent croustillantes.

Ingrédients :
1 tasse de farine de riz ; 2/3 de tasse d'eau ; 1/4 de cuillère à café de sel ; 8 bananes ; huile pour friture.
Mettez la farine de riz dans un saladier. Faites un puits au centre et ajoutez l'eau et le sel. Remuez vigoureusement au fouet jusqu'à ce que la pâte soit unie et lisse mais pas trop fluide (dans ce cas, ajoutez de la farine).
Pelez les bananes et coupez-les dans le sens de la longueur. Plongez-les dans la pâte pour bien les enrober. Chauffez l'huile dans un « Wok » ou une friteuse à température modérée. Ajoutez les bananes et faites-les frire lentement jusqu'à ce qu'elles soient dorées et croustillantes. Il faut compter 15mn.
Retirez les bananes de l'huile, égouttez-les sur du papier absorbant et séchez-les soigneusement.
Elles peuvent se servir accompagnées d'un « Unti » (une garniture à la noix de coco) utilisé comme une sauce dans laquelle on les trempe.

CROQUETTES DE BANANES PLANTAIN ET DE POMME
Les pommes ne font pas partie de la cuisine traditionnelle cubaine car elles ne se cultivent pas sous les tropiques.
Elles sont considérées comme des fruits exotiques et sont assez rares. Le mélange de pommes et de bananes plantains peut aussi s'accompagner de tranches de bacon émietté et sert de plat d'accompagnement à la viande de porc ou au jambon.

Ingrédients (4 pers.) :
2 bananes plantain noires, bien sûres, râpées ; 2 pommes acides, épluchées, évidées et râpées ; 1 oignon moyen haché ; 2 cuillères à café de cannelle ; 2 grosses gousses d'ail haché ; I banc d'œuf ; sel et poivre gris fraîchement moulu à volonté ; 1 cuillère à soupe de beurre ou de margarine ; 1 cuillère à soupe d'huile d'olive ; 1 tranche de bacon frit, égoutté et émietté comme garniture (facultatif).
Mélangez bien les pommes et les bananes râpées. Ajoutez l'oignon, la cannelle, I'ail, le blanc d'œuf, le sel et le poivre. Dans une poêle, faites chauffer le beurre et l'huile. Versez de grosses cuillerées de mélange dans la poêle et faites dorer les deux côtés. Posez sur un essuie tout avant de servir.

BÉBÉLÉ

Ingrédients (6 pers.) :
1 kg de tripes ; 1 fruit à pain ; 1 kg de bananes vertes ; 4 tomates ; 1 morceau de giraumon ; 10 cives ; 1 piment, thym, 3 clous de girofle, 25 dombrés.
Nettoyer et couper les tripes en petits morceaux. Les faire cuire. Lorsqu'elles sont cuites, ajouter fruit à pain, tomates et giraumon coupés en dés, bananes en rondelles, cives hachées, clous de girofle, piments et dombrés. Laisser cuire à feu doux jusqu'à consistance d'une pâte pas trop épaisse. Temps de cuisson total, 2 heures. Servir chaud.

CHIQUITAS AU RHUM
Ce dessert est simple à préparer.

Ingrédients (4 Ders.) :
2 ou 4 bananes coupées en tranches ; 4 cuillères à soupe de rhum ; 2 cuillères à soupe de sucre ; 2 cuillères à café de cannelle ; 1/4 de cuillère à café de noix de muscade râpée ; 1 orange coupée en tranches, comme garniture ; feuilles de bananier, coupées en grandes lamelles pour servir.
Mettez les tranches de bananes dans un bol. Versez le rhum et saupoudrez de sucre et d'épices. Laissez mariner pendant I heure.
Disposez les feuilles de bananier au fond d'un saladier en verre juste avant de servir pour ajouter de la couleur, puis couvrez de tranches de bananes et garnissez de tranches d'orange.

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